vendredi 18 juillet 2014

Une après-midi, alors que nous nous apprêtions à nous rendre à la Place de l’Obélisque....

Une après-midi, alors que nous nous apprêtions à nous rendre à la Place de l’Obélisque pour prendre part à une des manifestations que le M23 y organisait depuis quelques temps pour s’opposer à la candidature du président sortant, un collègue et ami de longue date nous dit, sur un ton ferme : « Fais attention ; je t’assure qu’ils ont pris toutes leurs dispositions ! ». Nous lui répondîmes, sur un ton plutôt taquin : « Et après ? » et nous fonçâmes en direction de la place mythique. Mais c’est seulement aujourd’hui, après la débâcle du 25 février et le naufrage du 25 mars, que nous avons saisi toute la signification de l’avertissement de notre ami. Le Sénégal et son peuple ont miraculeusement échappé à l’hécatombe que Wade et ses hommes de main leur réservaient !
Sachant bel et bien que la Constitution, dans son esprit comme dans sa lettre, ne lui permettait pas de se présenter à l’élection présidentielle de 2012, le président sortant avait pris toutes les dispositions pour l’imposer au peuple quelles qu’en pussent être les conséquences. Objectif visé : la pérennisation des Wade au pouvoir.
Pour y parvenir, Wade père a d’abord essayé de propulser Wade fils au-devant de la scène politique en le mettant en bonne position sur la liste du PDS durant les Législatives de 2009. L’idée était d’en faire le maire de la ville de Dakar, de lui donner ensuite les moyens financiers et matériels de s’affirmer aux yeux des Sénégalais avec des réalisations grandioses dans la capitale. Ce tremplin devait donc lui ouvrir le cœur des Sénégalais, lui permettre de vite gravir les échelons et d’être parachuté président du Sénat pour pouvoir mettre le pied droit sur la première marche du Palaisde la République bien avant la présidentielle de 2012. Une démission du père ferait vite le reste et le fils terminerait le mandat entamé et en profiterait pour tout verrouiller et « gagner » l’élection.
Mais plus malin que leuk-le-lièvre, le peuple sénégalais a vite fait de flairer le plan de dévolution monarchique du pouvoir. Le fils sera battu dans son propre bureau de vote et fera perdre au PDS presque toutes les grandes villes du pays dont la capitale,Dakar.
Ce plan brisé, Wade père en concocte un autre. Toujours obnubilé par le désir de faire de son fils l’idole, voire le messie, des Sénégalais qu’il prend pour des demeurés nés de la dernière pluie, il lui confie un super-ministère qui gère environ un quart du budget national ! Les belles routes, les jolis ponts et tunnels, l’électricité qui devait courir à flots et éclairer toutes les villes et tous les hameaux du pays étaient censés être les piliers de la nouvelle rampe de lancement de la fusée Karim. Mais, hélas, peut-être par incompétence ou par surcharge, ce dernier accumulera les échecs. Les coupures d’électricité entraîneront des émeutes dans tout le pays et s’inviteront même à la campagne électorale de février-mars 2012 ! Seules quelques routes chèrement payées seront visibles, mais laisseront sur leur faim l’écrasante majorité des Sénégalais gagnés par le désespoir face au chômage, aux pénuries, à la vie chère et aux gaspillages indicibles au plus haut sommet de l’Etat.
La carte de la dévolution du pouvoir de père en fils ayant été déchirée en mille morceaux et jetée sur le feu par le peuple, mais étant aussi très conscient de sa propre impopularité grimpante, Wade joue son va-tout et concocte un autre plan : se faire « réélire » coûte que coûte ! D’abord au rabais par 25% des électeurs ! Pour cela, il active ses députés-robots de la Place Soweto qui se réunissent, le 23 juin2011, pour voter la fameuse loi ! Mais la réaction du peuple sera brutale, déroutante, humiliante ! Prenant d’assaut l’Assemblée Nationale et prête à marcher sur le Palais présidentiel, le peuple fera reculer le président et sa clique de prédateurs de la démocratie. Pour sauver son fauteuil fortement incliné et vacillant, il implore les hauts dignitaires religieux afin qu’ils intercèdent en sa faveur auprès du peuple surexcité. Il retire dare-dare son projet de loi scélérat qui allait le faire réélire dès le premier tour !
Cette humiliation qui a retenti aux quatre coins du Globe ne réfrénera pourtant point l’ardeur du président ! Son objectif, il y tient : il sera président pour la troisième fois pour trouver ensuite les moyens de céder le fauteuil à son fils ! Maintenant que le plan des 25% est rejeté, le président recourt au pouvoir corrupteur de l’argent, à la répression aveugle et à la tactique du ‘diviser pour régner’ bien chère au colonisateur.
Dans la logique du président, chaque Sénégalais, quel que soit son rang social, a unprix ! Qui va de deux mille francs à deux milliards ! La mise en œuvre de ce plan d’achat systématique des consciences troubles constitue, sans nul doute, la période la plus triste de son magistère. On assiste à une kyrielle de rencontres avec des souteneurs de tout acabit : des marabouts et des Imams qui ont subitement mis une croix sur Dieu et le peuple, des lutteurs vieillissants, des musiciens, destransporteurs, de supposés ‘transhumants’, des enseignants, etc. Des voitures et des mallettes remplies de liesses à chaque déplacement auprès des plus hautes autorités religieuses et coutumières sont visibles et alimentaient les conversations. L’objectif du Maître était d’inciter les prétendus colosses de la société sénégalaise à ‘obliger’ leurs ‘obligés’ à voter pour lui ! Pari presque réussi ! Du moins en surface ! Certains religieux proclameront une neutralité de façade qui n’a convaincu que leurs inconditionnels, d’autres se rangeront carrément derrière lui et l’assurent d’un plébiscite jamais vu sous nos cieux, et d’autres encore le feront en sourdine.
Une partie du peuple profond et libre attendit sagement son heure pour se prononcer… L’autre partie choisit la résistance pour contraindre le sortant à renoncer à sa candidature de trop… Mais c’était sans compter avec un élément inédit dans l’histoire politique du pays : la volonté du chef de confisquer le pouvoir à tout prix ! Pour cela, il compte sur deux hommes-clés pour mettre le peuple au pas ! Ses deux hommes de main feront jouer à la police sénégalaise la plus sale besogne de son histoire : se mettre au service d’un homme assoiffé de pouvoir et prêt à faire faucher des milliers de Sénégalais pour le conserver !
Les renseignements étant formels sur son impopularité, le président, même s’il pensait qu’il pouvait, par miracle, gagner, ne misait en fait que sur la répression aveugle pour conserver le pouvoir. Comme il était convaincu que les leaders de l’Opposition allaient continuer d’exiger le retrait de sa candidature (« Pas d’élection avec Wade » était leur slogan favori), la stratégie était de les pousser à installer le désordre, voire l’anarchie et le chaos, pour repousser la présidentielle et imposer l’Etat d’urgence et se maintenir au pouvoir ! Il savait que cela allait être extrêmement difficile pour lui, mais c’était mieux que d’aller à l’élection pour se faire battre ! Ses attaques virulentes contre la France et les Etats-Unis montrent à quel point il était prêt à tout !
Et nous étions tous, ou presque, tombés dans son piège ! La bataille de la Place de l’Indépendance qu’avait engagée une partie du M23 arrangeait fort bien le président sortant ! Le Commissaire et ses hommes, suréquipés par le ministre en matériels dernier-cri dont ce camion déverseur d’eau chaude, faisaient bien le boulot et il ne lui restait qu’à voir la situation dégénérer pour crier haro sur l’Opposition et déclarer l’Etat d’urgence ! Malheureusement pour lui, certains candidats, sans nul doute informés par des taupes établies dans les couloirs du Palais, déserteront Dakar pour aller battre campagne comme lui. C’est cette réaction inattendue qui a sauvé des milliers de vies humaines, notre Nation et notre démocratie !
Comme nous en avertissait mon ami, oubliant les raisons pour lesquelles il avait été élu, le Maître avait fait prendre toutes les dispositions pour réprimer les opposants et protéger « son » pouvoir, « son » bien!
A un moment donné, le président a même utilisé la terrible carte de la division sociale en activant deux leviers d’une dangerosité extrême ! D’abord, pour appâter lesMourides, il dira que c’est Bamba qui l’a élu président et qu’il ne pouvait pas traiterTouba comme les autres villes religieuses du pays ! Mais si une petite minorité de disciples ont mordu à l’hameçon, il faut saluer la très grande maturité des hautes autorités de la Mouridiya et de la Tijaaniya qui ont déjoué le complot satanique par unsilence méprisant qui en disait long sur leur rejet systématique de cette tentative de diviser les descendants d’une même famille ! Le second levier du président, c’est le grattage de la fibre ethnique bien somnolente, voire éteinte chez nous ! Il peut gagner à Kébémer, Idrissa à Thiès, Tanor à MbourNiasse à Kaolack, sans problème, mais non Macky à Matam ! Là encore, les Sénégalais, dans une unanimité silencieuse, mais fracassante, lui ont fait comprendre qu’il s’était lourdement trompé de pays ! Le Sénégal n’est pas le Rwanda ! Et au second tour, les Dakarois et les Thiessois l’étrilleront plus sévèrement que les Matamois !
Pourquoi un tel entêtement de la part du président sortant? Ce sont d’abord les délices du pouvoir auquel l’homme voue un amour viscéral. Il pense qu’il est le seul être sur Terre capable de diriger tout ce qui bouge autour de lui : son parti (qui est en train de s’effondrer), son pays, son continent, entre autres sphères. Mais hormis cette soif du pouvoir, après douze années de règne marqué par une gabegie sans précédent, le maître voulait surtout cacher la réalité, c’est-à-dire ce qu’il a fait de peu orthodoxe et de peu glorieux du pouvoir que le peuple lui a confié : la destruction de l’Etat et de tous ses biens ! Il a servi ses amis, sa famille, ses proches, ses souteneurs, à tel point que l’Etat s’en est retrouvé complètement en lambeaux ! Les caisses de l’Etat sont vides (ou plutôt vidées !), des véhicules administratifs emportés, des tableaux et autres objets de décoration arrachés des murs du Palais de la République! Et tous ceux qui ont participé, de près ou de loin, directement ou indirectement, à ce pillage systématique de la Nation, doivent se sentir petits dans leurs souliers ou leurs babouches !
Il faut reconnaître que nous l’avons échappé belle, car les conséquences des différentes manœuvres extraordinaires du président sortant auraient pu être pires si les Sénégalais n’avaient pas été à la hauteur ! Notre Nation est sortie indemne de l’épreuve !
Senghor nous avait pourtant avertis depuis belle lurette…
Pr. Gorgui DIENG
Université Cheikh Anta DIOP de Dakar

Depuis quelques temps....

Depuis quelques temps, on assiste à une levée de boucliers contre le Président que les Sénégalais se sont librement choisi, après douze longues et pénibles années marquées par une gestion gabégique de Wade et de son parti, le PDS. S’élèvent même des voix de certains cercles dits alliés du Président pour envoyer des piques du genre : « le peuple attend le vrai changement »; « On est resté sur notre faim »…
Ces personnes malintentionnées pour la plupart, veulent nous faire commettre les mêmes erreurs qui ont précipité notre football dans le gouffre : elles nous poussent à vouloir des résultats presqu’instantanés sans jamais nous poser la question de savoir d’où nous venons ! L’efficacité d’une équipe de foot ne se bâtit pas en quelques mois, encore moins celle d’une équipe gouvernementale aux tâches beaucoup plus complexes !
Nous venons de très, très loin ! Wade et certains de ses hommes ont tellement abîmé ce pays sur tous les plans que c’est franchement faire preuve de démagogie et de malhonnêteté que d’exiger du nouveau régime de le ‘réparer’ en quelques petits mois ! Il nous faudra des années de thérapie, de massage et de rééducation pour remettre le pays sur pieds ! C’est cela la dure et triste réalité !
Ayant fait de la corruption tous-azimuts sa principale arme politique, Wade a fait prendre à beaucoup de Sénégalais, et pas des moindres, des habitudes et des plis nocifs à la société qui a été sérieusement ébranlée dans ses fondements moraux: vivre sans scrupule sur le dos du peuple qu’on est censé défendre, faire chanter l’Etat, bafouer l’autorité de l’Etat, se constituer des micro-Etats dans l’Etat, s’enrichir de façon illicite sans se soucier du « qu’en dira-t-on ? », ente autres.
Ce qui importe pour le peuple sénégalais encore martyrisé, c’est que le nouveau président pose des actes qui rassurent ; des actes de rupture nette par rapport aux pratiques antirépublicaines et inconstitutionnelles qui étaient érigées en règles de gouvernance par Wade et son régime. Et force est de reconnaitre que, même si le peuple a le droit d’être plus exigeant sous ce rapport, des avancées significatives ont été notées, dont le retour progressif de l’Etat de droit et le recul de l’impunité !
Sous Wade la République n’existait que de nom ! Comme ses pairs monarques du Golfe, il distribuait à qui il voulait l’argent et les biens de l’Etat comme la Terre !. N’a-t-il pas dit récemment dans une interview que l’argent que détient son fils provient de lui-même, comme il en a donné à d’autres enfants gâtés de son régime ? Dans quelle république digne de ce nom le président ose-t-il se permettre de donner de l’argent du contribuable à ses propres enfants et à son entourage ? Le budget légal que s’octroie le président, c’est pour régler des questions sérieuses liées à la vie de l’Etat et non pour remplir les poches de ses enfants et de ses amis !
C’est cette République construite dans la douleur par les pères-fondateurs comme SenghorMamadou Dia, Ousmane Camara, Assane Seck, Abdou Diouf, Majmouth DiopAmath DansokhoCheikh Hamidou Kane, entre autres patriotes, et qui a été dangereusement bafouée, piétinée, malmenée, dévaluée par Wade et son régime, que le nouveau président a le devoir historique de ressusciter. Sans état d’âme ! Sans ce préalable, toutes les autres quêtes légitimes du peuple – baisse du prix des denrées de première nécessité, emploi et éducation des jeunesbonne gouvernance– resteront vaines !
Mais le chemin qui mène à la République et à l’Etat de droit est sinueux et pavé de nombreux obstacles, dont certains sont tout simplement insoupçonnés ! Il y a dans ce pays des gens qu’une vraie République n’arrange pas ! Leurs « affaires » ne peuvent prospérer que dans une république-bananière ! Et ce sont ces gens-là qui, pour récupérer leur ‘bien’ spolié ou convoité, ou pour ne pas rendre compte de leur gestion calamiteuse, tirent à boulets rouges sur le nouveau régime et sur la Justicede notre pays. Pour ces derniers, le peuple qu’ils cherchent à manipuler pour l’entraîner dans un combat qui n’est pas le sien ne compte pas ; ce qui compte pour eux, c’est la préservation de leurs intérêts et de leurs biens mal acquis ! De petites gens qui ont détourné des centaines de milliards et hypothéqué l’avenir de notrejeunesse.
Le président, qui tient du peuple l’usage exclusif de la violence légitime (cautionnée par le peuple parce qu’utilisée pour défendre l’intérêt supérieur de la Nation) a le devoir républicain d’utiliser celle-ci pour barrer la route à tous ceux qui veulent bloquer le chemin qui nous (r)emmène à la République ! Quelle que soit leur catégorie sociale ou politique !
Après avoir clairement exprimé le retour à la République comme demande sociale numéro un, le peuple a bien rangé son mignon petit gourdin plat dans son fourreau et attend sagement les prochaines échéances électorales ! Si la voie royale est obstruée, il saura à qui demander des comptes !
Gorgui DIENG
Docteur d’Etat
Université Cheikh Anta DIOP de Dakar

Le président Wade vient de se faire battre à plate couture...........

Le président Wade vient de se faire battre à plate couture par son ancien premier ministre Macky Sall. A part le fait d’avoir pris la décision impopulaire d’imposer au peuple sa candidature inconstitutionnelle qui a choqué les Sénégalais et bon nombre d’observateurs, il y a d’autres raisons qui expliquent le drame qu’il vit actuellement. Ces raisons sont les six actes d’une tragédie présidentielle durant les douze années passées à la tête de l’Etat du Sénégal !
Acte I : LA TRAHISON DES ALLIES
Le président se défait de tous ses alliés significatifs qui sont allés le cherche enFrance pour lui dérouler le tapis rouge qui lui permit de se présenter et de gagner, haut la main, l’élection présidentielle de 2000 devant le Président sortant, Abdou Diouf. Ce sont, au premier tour, Abdoulaye BathilyAmath Dansokho et Landing Savané, des hommes de la Gauche sénégalaise, auxquels se joindra, au second tour, Moustapha Niassehomme du sérail et transfuge du Parti Socialiste et fondateur de l’AFP. Ces quatre personnalités marquantes de la vie politiquesénégalaise, qui l’ont porté au pouvoir, sont aujourd’hui ses adversaires les plus déterminés et ont formé avec le Parti Socialiste la coalition Bennoo siggil Senegaalqui a joué un rôle de premier plan dans la mise en place des Assises Nationales dont le programme vise à instaurer un véritable Etat de droit au Sénégal que le Maître a fait terriblement reculer sur le plan institutionnel.
Dans la sagesse populaire sénégalaise, la trahison fait partie des actes qui sont rétribués « cash » par le Créateur des cieux. « ku wor ren bu déwén, te gisu loo ko, dañu lakoo jiin waaye du jaw…. = celui qui trahi pendant une année sans en voir les conséquences, n’est que faussement accusé)
Acte II : L’ELIMINATION DES HERITIERS
Après ses alliés lors de l’élection de 2000, ce sont les  ténors de son propre parti que le président fait passer à la trappe de façon impitoyable. D’abord son fils « spirituel »Idrissa Seckmaire de Thiès, ancien directeur de Campagne du ‘père’, stratège du PDS et ancien Premier ministre, est mis au gnouf pour détournement de deniers publics. Il passe sept longs mois de détention préventive à Rebeuss pour se voir complètement blanchi par la Justice après ! En dépit de tous ces coups de massue, Idrissa Seck répond aux différents appels du président dont l’objectif était de le discréditer aux yeux de l’opinion pour le crucifier politiquement. Pari réussi en partie…
Ensuite Macky Sall, maire de Fatick, ancien Premier ministre,  est cyniquement débarqué de son poste de Président de l’Assemblée nationale par ses pairs sur instruction du Maître pour avoir osé convoquer le fils « biologique » à l’Assemblée nationale pour rendre compte de sa gestion des deniers publics qui se montent à des centaines de milliards. Son honneur bafoué, très frustré, le « diom » sérère en bandoulière, Macky renonce à tous ses mandats électifs, rompt définitivement les amarres avec le PDS avec un grand nombre de militants de qualité et fonde son propre parti, l’APR, et rejoint Benno Siggil Senegal.
Le troisième gros départ du PDS sera celui de Aminata Tall. Militante de la première heure, présentée par certains observateurs comme une proche du président, plusieurs fois ministre, ancien maire de Diourbel, elle sera mille et une fois humiliée avec des renvois intempestifs du gouvernement et du Secrétariat Général de laPrésidence de la république. Elle finit par quitter le PDS pour rejoindre l’APR de Macky Sall pour se venger du Maître. Pari réalisé…
Modou Diagne Fada, ancien dirigeant des Jeunesses libérales, a été lui aussi humilié et chassé du gouvernement. Il forme un moment le mouvement Waarwiavant de revenir dans le gouvernement – sans doute grâce au soutien de certains chefs religieux de sa contrée. Bien que présent dans le gouvernement de Wade, ce monsieur qui avait un bel avenir politique, n’a jamais véritablement repris sa place antérieure, ni dans le cœur du Président ni au sein du parti, le PDS.
Cet acte qui consiste à tuer ses propres  héritiers a été le plus grand gâchis politique du président ! Au lieu de préparer sa relève avec les personnes compétentes de son parti, il a préféré les laminer les unes après les autres pour préparer son coup de ‘dévolution dynastique du pouvoir’ que les Sénégalais ont vite fait de flairer et de rejeter de façon fracassante et humiliante. D’abord pendant les législatives de 2007 qui ont vu le PDS perdre presque toutes les villes significatives du pays y compris la capitale, puis le 23 juin 2011 qui a fait trembler le locataire du Palais et les députésprésents dans l’Hémicycle de l’Assemblée Nationale. C’est devant l’échec du plan de dévolution directe du pouvoir à son fils et le vide qu’il a lui-même fait autour de lui, que le Président pense que l’unique moyen de sauver le navire PDS et ses occupants du naufrage collectif était de se présenter lui-même à l’élection après avoir écrit noir sur blanc, et clamé haut et fort, que la Constitution ne lui permettait pas de solliciter un troisième mandat. Une décision entérinée par un Conseil Constitutionnel à la solde du Maître et dont la mise en œuvre a failli hypothéquer le pays.
(Comme le dit l’adage wolof : « Ku iñaane say dono, sa deewiin naaw » (Celui qui prive ses héritiers, meurt de façon lamentable)
Acte III : TRANSFORMATION DES ENNEMIS D’HIER EN AMIS D’AUJIURD’HUI 
Les alliés politiques et les héritiers légitimes balayés sans ménagement, le Maître tend une main tendre à certains de ses anciens adversaires politiques. C’est la récupération tous-azimuts des supposés poids-lourds du Parti Socialiste : Abdoulaye Diack de Kaolack (‘paix à son âme’, c’est le seul commentaire que la décence nous commande de faire sur lui aujourd’hui), Mbaye-Jacques Diop de Rufisque, Alassane Dialy Ndiaye, Abdoulaye M. Diop, Daouda Faye, A. Lô, Djibo Ka, entre autres. Des gens qui étaient bien là aux côtés de Diouf quand ce dernier se faisait étriller en 2000 ! Donc en réalité, des poids-welters face au poids-lourd qu’est le peuple, silencieux mais souverain et ravageur quand il le faut ! Le président a subitement oublié que c’est le peuple – et surtout sa frange jeunesse – qui l’a porté au pouvoir en 2000 et en 2007 et non de supposés leaders porteurs de voix. Cet oubli, qui s’apparente au mépris, a révolté le peuple et l’a retourné contre son ancienne idole. (Ku fàtté ñila faloon, sa folleku day gaaw… = celui qui oublie ceux qui l’ont élu, perd le pouvoir de manière sans s’en rendre compte)
Acte IV : LA PECHE AUX GRANDES GUEULES
Après avoir récupéré ceux qu’il pensait être des ‘draineurs de foules’ ou des ‘porteurs de voix’ du Parti Socialiste, le président passe au recrutement des ‘grandes gueules’ du pays, censées faire avaler au peuple tout ce qu’il concocterait et mijoterait dans sa marmite comme le fait si bien Squealer dans 1984 de l’écrivain britannique, George Orwell: le Pr. IDT, le Dr. BD, Me ED, Me AB, SMN… Parmi cette catégorie de maîtres de la parole, s’il y a des flagorneurs confirmés comme IDT et AB qui ont toujours réussi les prouesses les plus incroyables pour défendre leur maître, il en existe d’autres qui sont ‘bavards’ certes, mais qui sont des ‘esprits’ libres et dignes qui peuvent vous soutenir aujourd’hui et vous détruire demain, selon ce que leur dictent leur conscience et leur dignité: Me ED par exemple.
Les uns et les autres ont fortement contribué à la perte du Président, certains en trop le caressant dans le sens du poil et en le défendant sans intelligence au point d’irriter les plus candides d’entre nous, d’autres en n’hésitant pas à le démasquer avec virulence quand les intérêts du peuple étaient menacés… (« Noon du xariit » = votre ennemi ne peut être votre ami)

Acte V LE NEPOTISME
C’est le népotisme flagrant et choquant avec la promotion et le parachutage de parvenus, d’incapables et d’arrogants qui pensent qu’ils soutiennent le ciel en compagnie de Dieu qui constitue l’autre acte qui va irriter le petit peuple. En douze ans de gouvernance des bleus, on a consommé au Sénégal plus de carburant, plus de 4×4, plus de 8×8, plus de costumes et de cravates qu’en quarante ans de règne socialiste ! L’Etat s’est retrouvé subitement contrôlé par une coterie aux ambitions démesurées, suscitées par des responsabilités, des portefeuilles ministériels et des pouvoirs hors norme. Nul besoin de citer l’exemple le plus criard ! Un fils biologique qui est, selon son papa chéri et admiratif, un super crack et le plus doué de tous les sénégalais. Ce monsieur gère seul plus du quart du budget national et parcourt lemonde en jet privé !
Sous ce registre de l’engraissement incontrôlé des chevaux de course qui se la coulent douce dans des enclos dorés au détriment des chevaux de trait qui triment tous les jours sans sentir l’odeur du foin, il faut ajouter des largesses choquantes et révoltantes pour le petit peuple, faites à des personnes supposées influentes. Desmarabouts qui ne maîtrisent qui ne le sont que de nom, des lutteurs dans la déchéance physique et matérielle, certains chanteurs en mal d’inspiration et des associations de quartier insignifiantes, entre autres. Trois, cinq, dix, quinze, cinquante 50 millions de frais de transport pour rentrer du Palais de la république à …Grand-Dakar, Soumbédioune, Pikine, Niary-Tally…
Acte VI : LE MEPRIS DU PEUPLE
La non-prise en charge de la demande sociale a été fatale au président sortant. Dans les zones rurales, les paysans sont laissés à eux-mêmes, dans les centres urbains et périurbains, les inondations, la cherté des denrées de première nécessité (riz, gaz, huile, sucre, pain, etc.) les pénuries de toutes sortes (en particulier d’électricité et d’eau) rythment le quotidien des citadins. Soucieux de réalisations grandioses, le Maître privilégie les ponts, les autoroutes à péage, les aéroports, les tunnels, les monuments creux, au moment où les ventres sont creux… Ventre creux n’ayant pas d’oreilles, le peuple reste sourd à la rhétorique des promesses sans lendemain érigée en tactique de gouvernance politique… La période de grâce et des noces nuptiales étant terminée depuis fort longtemps, très déçue, la nouvelle mariée a regagné la demeure paternelle et entamé la procédure de divorce. Un divorce maintenant consommé ce 25 mars 2012! Sans possibilité de remariage !
Ayant épuisé toutes ses cartouches, Wade n’a aujourd’hui d’autre choix que de reconnaître la débâcle électorale mémorable de ce 25 mars 2012. L’acte est certes  heureux, mais ne le grandit point ! Il n’aurait jamais dû se présenter à cette élection ! Sa candidature inconstitutionnelle a entraîné la mort de douze personnes et bloqué le pays dans maints secteurs vitaux du pays. Cela ne doit point être occulté ! Par respect pour la mémoire des martyrs de la démocratie comme Mamadou Diop